Un beau cavalier bleu et sa petite sœur rose

Ça commence comme ça : sur le bord du Baïkal, nous rencontrons cet autrichien qui parle anglais, français, travaille pour un parc national de Mongolie, et nous donne des tonnes de conseils en même temps que des contacts de tour operators locaux – hasard incroyable, dans le train qui passera la frontière, il sera dans le wagon d’à côté, on dit small world.

La personne qu’il nous recommande répondra à notre mail en quelques heures avec une proposition précise et chiffrée (exactement ce qu’il nous fallait, nous ne sommes que quatre jours en Mongolie, le risque était grand de perdre notre temps juste à chercher que faire et puis comment).

Et donc à la descente du train, nous sommes attendus par la tour operator qui nous amène chez elle, nous sert un chouette breakfast, nous explique les trois jours qui viennent, le tout au milieu des membres de sa famille qui vaquent et des locataires de la partie chambre d’hôte qu’elle propose aussi – bref, un joyeux moment.

Ensuite, ce sera l’arrivée du chauffeur avec sa tête de boxeur, puis le sourire de notre guide (elle est étudiante en droit et rêve de poursuivre ensuite à Berlin).

Nous voilà partis tous les cinq vers le mini-gobi, sur des routes bien défoncées (pourtant c’est la highway) que traversent nonchalants des troupeaux (le chauffeur, très prudent, ce qui nous change heureusement des yandex drivers russes, passe son temps à klaxonner et éviter des nids de poule large comme des baignoires).

Déjeuner dans une sorte de routier, deux gosses cul nus assis sur la table des parents, tout le monde sourit beaucoup, je mange je ne sais quoi.

Ensuite l’on arrive au campement du soir, un ensemble de yourtes, on grimpe sur des chameaux, on visite un monastère bouddhiste quasi totalement détruit par les communistes, on marche dans le sable, on mange de la chèvre et c’est très bon.

La nuit sur mon lit dur comme tout, j’entends de l’autre côté de la toile fine le rien derrière bruissant et au matin des bêtes, des chèvres je pense, qui se frottent au tissu.

Deux souvenirs pour repartir : la prestance incroyable de l’un des fils de la famille sur son cheval, lumineux dans sa chemise d’un bleu de roi ; et cette petite fille jouant dedans un trou de sable, sa robe rose, la course qu’elle aura pieds nus, les jeux qu’elle fait pareils à ceux de tous les enfants sur la terre.

La photo c’est mon lit cette nuit-là.

dbourrion Écrit par :

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